L’Assemblée des Délégués de l’USDAM s’est déroulée le 19 juin à Bâle. Outre des affaires protocolaires rondement menées, quelques moments particuliers sont à signaler.

1a photo AD ICette année, le prologue à l’Assemblée des Délégués s’est avéré particulièrement intéressant. Il a débuté par la création de la version pour quintette de cuivres de la Fanfare pour un jubilé que Jean-François Michel a écrit pour célébrer le centenaire de l’USDAM. David LeClair, président de la section bâloise, a accueilli les délégués en signalant que, contrairement à ce qui avait été le cas lors des AD précédentes à Bienne et Winterthour, la situation dans la ville-hôte n’est pas préoccupante. Dans l’allocution suivante, le président du gouvernement de Bâle-Ville, Guy Morin, a décrit la situation de la musique dans la ville rhénane : elle reçoit entre 15 et 20% des 160 millions de francs de subvention culturelle annuelle. L’Orchestre Symphonique de Bâle est un des principaux bénéficiaires de cette aide cantonale, et il est également soutenu pour ses prestations dans les productions d’opéra du Theater Basel. Trois autres ensembles sont également subventionnés : le Basel Sinfonietta, l’Orchestre de Chambre de Bâle et l’Ensemble Phoenix. Mais de nombreux autres ensembles reçoivent des aides ponctuelles, comme La Cetra, l’orchestre baroque Capriccio, etc. Au niveau des infrastructures, de grands travaux sont en préparation : la rénovation de la salle du Casino et l’agrandissement du bâtiment par Herzog et De Meuron sont imminents, et la rénovation du Stadttheater est planifiée.

L’histoire de l’USDAM

L’intervention suivante a tout particulièrement retenu l’attention des auditeurs : l’historienne Sabine Braunschweig, à qui est confiée la publication d’un livre retraçant les 100 premières années de l’USDAM, a présenté un exposé décrivant d’abord les conditions dans lesquelles l’Union a été fondée, à une époque où de grandes salles de concert se construisaient et où les compositeurs écrivaient pour des orchestres aux effectifs toujours plus fournis. Cependant, bien que jouant pour un public de bourgeois aisés, les musiciens d’orchestre vivaient dans des conditions précaires. En 1872 est créée à Berlin l’Allgemeine Deutsche Musiker-Verband (ADMV). Des sections se créent en Suisse, mais rapidement la situation s’avère insatisfaisante : la réalité suisse est méconnue dans les organes centraux de l’association berlinoise et les intérêts des musiciens helvétiques sont négligés. Sous la présidence de Reinhold Backhaus se crée en 1906 le Schweizer Musikerbund, une sorte de sous-fédération indépendante. Cela ne suffit pas, la situation s’envenime et logiquement une association uniquement suisse est officiellement fondée le 1er octobre 1914, avec à nouveau Backhaus comme président. Certaines sections (Berne, Genève et Zurich) préfèrent cependant rester momentanément dans l’association allemande. Les temps sont durs : la guerre éclate et beaucoup de musiciens étrangers sont appelés au front. Au début du siècle existaient encore de nombreux ensembles destinés à divertir les touristes des grands hôtels et des centres thermaux. Mais, à cause de la guerre, ceux-ci doivent fermer faute de clients. En 1918, alors que la fin de la guerre s’approche, l’épidémie fulgurante de grippe espagnole entraîne dans plusieurs villes et cantons une interdiction de tout rassemblement, y-compris les concerts ou les opéras. Les crises économiques des années 20 n’améliorent pas la situation des musiciens qui à l’époque ne bénéficiaient pas de contrats annuels et devaient cachetonner tant bien que mal. Si les musiciens travaillant comme accompagnateurs de films muets avaient une position stable, celle-ci s’effondra soudainement à l’apparition du cinéma sonore. Après la seconde guerre mondiale, l’USDAM réussit à négocier des conventions collectives de travail et à améliorer progressivement la vie des musiciens. Un nouveau défi se profile alors : la multiplication des moyens de diffusion (radio, disques, apparition du numérique), une chance grâce aux droits voisins et à une forme de publicité qui est faite, mais également un risque lorsque la musique virtuelle remplace le concert.

Elections et Appel de l’USDAM

Après cet exposé qui nous fait attendre avec impatience la sortie cet automne du livre du centenaire, les premiers points de l’ordre du jour ont rapidement été menés à bien. Un événement particulier à signaler : Le bassoniste Urs Dengler quitte le Comité central dont il était membre depuis 2006. Il a été chaleureusement applaudi pour son engagement en faveur de la défense des musiciens. Pour le remplacer, les délégués ont élu Matthias Walpen. Violoncelliste solo de l’Orchestre Symphonique de Bienne depuis 25 ans, président puis vice-président de la section biennoise de l’USDAM, parfait bilingue, il a négocié avec succès la CCT biennoise. Durant quelques années, il a également été le responsable de la Fondation SON et fait partie depuis de son Conseil de fondation. Musicien de chambre, il a également créé de nombreuses œuvres de musique contemporaine. Les autres membres du Comité central se représentaient et ont été réélus. De même ont été réélus Beat Santschi à la présidence centrale et Barbara Aeschbacher en tant que secrétaire générale et caissière centrale.

A la fin de l’Assemblée, le texte d’un Appel de l’USDAM a été présenté aux délégués. Ils ont pu poser des questions et faire des propositions pour chaque paragraphe ; chacun a été adopté séparément après discussion. Enfin, le texte complet a lui aussi été soumis au vote et accepté. Nous en reparlerons ultérieurement dans les pages USDAM.

Musiciens recherchés

L’Orchestre du jubilé, qui jouera sous la direction de Mario Venzago des œuvres de Jean-François Michel, Ravel, Schoeck, R. Strauss et Wagner le 6 octobre à l’opéra de Zurich, n’est pas encore complet ! Il manque des bois, des cuivres et des cordes (en particulier des violons !). Un appel a été lancé pour que musiciennes et musiciens viennent compléter les rangs afin de participer à cet événement phare du centième anniversaire de l’USDAM. Non seulement le programme est alléchant, mais il s’agit en outre d’un moment historique, qui restera gravé sans aucun doute dans la mémoire de ceux qui y auront pris part. Les inscriptions peuvent se faire en écrivant à jubilaeumsorchester@smv.ch.

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